Bac 2026 : l’épreuve anticipée de mathématiques en Première, tout ce qu’il faut savoir
Pour la première fois depuis la réforme du baccalauréat, les élèves de Première générale passent une épreuve de mathématiques comptant pour le bac, au même titre que le Français. Qui est concerné ? Comment se déroule-t-elle ? Que valent vraiment les questions des Sujets 0 ? On fait le point.
Un rendez-vous historique pour les lycéens
En juin 2026, quelque chose d’inédit se produira dans les salles d’examen françaises : pour la première fois depuis la réforme du baccalauréat de 2019, tous les élèves de Première générale et technologique plancheront sur une épreuve de mathématiques qui comptera dans leur note finale au bac. Elle s’appelle l’épreuve anticipée de mathématiques, et elle est cousine de l’épreuve anticipée de Français que les lycéens connaissaient déjà.
Ce changement est le fruit d’un arrêté du 10 juin 2025, signé par le ministère de l’Éducation nationale. Il répond à une critique récurrente depuis la réforme Blanquer : en supprimant l’épreuve de maths du bac de Première, la réforme avait, selon beaucoup d’enseignants et de parents, relégué les mathématiques au rang de matière optionnelle dans l’inconscient collectif des élèves. Le message envoyé aux lycéens était clair, peut-être trop clair : si tu ne prends pas maths en spécialité, les maths ne comptent plus vraiment pour ton bac.
« Les mathématiques sont une discipline fondamentale pour la formation intellectuelle de nos élèves. Il était temps qu’elles retrouvent leur place parmi les épreuves anticipées. », Ministère de l’Éducation nationale, juin 2025
La décision a été bien accueillie dans le monde enseignant, même si certains professeurs soulignent la complexité logistique d’ajouter une nouvelle épreuve nationale à un calendrier déjà chargé. Le débat est loin d’être clos, mais une chose est sûre : pour les élèves de la session 2026, c’est une réalité.
Qui passe quoi ? Le dispositif en clair
La nouvelle épreuve anticipée s’adresse à tous les élèves de Première, mais son contenu varie selon le parcours suivi :
- Voie générale, spécialité maths : programme de Première de l’enseignement de spécialité (le plus exigeant).
- Voie générale, sans spécialité maths : programme de l’enseignement scientifique (mathématiques intégrées à « Sciences »).
- Voie technologique : programme de Première de l’enseignement commun de mathématiques.
Date : vendredi 12 juin 2026 (8h–10h) · Durée : 2 heures · Coefficient : 2 · Calculatrice : interdite
Avec un coefficient de 2, cette épreuve pèse autant que certaines matières mineures du bac terminal. Ce n’est pas anodin : une mauvaise note peut coûter 2 à 4 points sur la moyenne générale. À l’inverse, une bonne performance ici peut compenser une matinée difficile en Terminale.
La structure de l’épreuve : deux parties bien distinctes
L’examen se divise en deux parties qui répondent à deux logiques pédagogiques différentes, et c’est là l’une des originalités de cette épreuve par rapport aux épreuves classiques du bac.
- Première partie, Automatismes (QCM) : 12 questions à choix multiple · 6 points · aucune justification demandée
- Deuxième partie, Exercices : 2 à 3 exercices indépendants · 14 points · avec rédaction et justifications
La grande nouveauté : les Automatismes
DécryptageLa partie « Automatismes » est la vraie innovation de cette épreuve. L’idée est simple mais ambitieuse : vérifier que l’élève maîtrise des réflexes mathématiques fondamentaux, sans filet, sans calculatrice, sans brouillon interminable. Douze questions à choix multiple, six points, et surtout, c’est écrit noir sur blanc dans la consigne, aucune justification n’est demandée.
Cette formulation est délibérée. Elle invite l’élève à développer une agilité mentale, une forme de confiance dans son intuition mathématique. On ne teste pas ici la capacité à rédiger une démonstration de trois pages, mais la solidité des fondations : savoir manipuler des fractions, identifier une fonction affine, lire un tableau de probabilités, interpréter une variation de pourcentage.
La liste officielle des automatismes évaluables pour 2025-2026 a été publiée par le ministère dans la note de service du 10 juin 2025. Elle couvre des thèmes du programme de Seconde et de Première : calcul numérique et algébrique, proportions et pourcentages, fonctions et représentations graphiques, statistiques et probabilités.
Voici un tour d’horizon commenté des questions des deux Sujets 0 officiels, les sujets « blancs » publiés par le ministère pour montrer à quoi ressemblera l’épreuve réelle.
Sujet 0 n°1, Sélection commentée
Cela signifie que le prix de cet article a connu :
Sujet 0 n°2, Sélection commentée
La deuxième partie : des exercices de fond
Les 14 points restants sont répartis en deux à trois exercices « classiques », avec rédaction et justifications exigées. Les Sujets 0 donnent un bon aperçu de ce qui attend les candidats.
Le Sujet 0 n°1 propose un exercice de géométrie analytique (vecteurs, produit scalaire, cercle, droite) et un exercice d’analyse mêlant étude de signe, dérivation et variations d’une fonction. Le Sujet 0 n°2 aborde les suites, notamment une suite définie par récurrence modélisant l’évolution démographique d’une ville, et un exercice combinant étude algébrique d’un polynôme du second degré et dérivation d’une fonction exponentielle.
Ce qui frappe à la lecture de ces exercices, c’est leur caractère soigneusement guidé : les questions sont progressives, les « aides au calcul » sont fournies pour les étapes techniques les plus délicates, et les contextes sont concrets (la démographie d’une ville, l’accélération centripète d’un mobile). L’intention pédagogique est lisible : on ne cherche pas à piéger, on cherche à évaluer.
Ce que cette épreuve dit de nos lycées
Derrière la mécanique de l’examen se dessine une ambition plus large. En remettant les mathématiques à leur place parmi les épreuves nationales de Première, l’institution envoie un message aux élèves, aux familles, et aux lycées : non, les maths ne sont pas une option pour ceux qui « font les sciences ». Elles sont un socle commun, une façon de penser le monde.
La partie « Automatismes » est particulièrement révélatrice de cette philosophie. Elle ne teste pas la capacité à enchaîner des techniques apprises par cœur, mais la solidité d’un raisonnement rapide, la confiance dans ses propres réflexes mathématiques. C’est une compétence que les enseignants tentent de cultiver depuis des années, souvent contre la pression du « tout pour le contrôle » qui décourage la prise d’initiative intellectuelle.
L’épreuve est courte (2 heures), mais elle est dense. Sans calculatrice, les élèves doivent s’appuyer sur leur tête et leur crayon, exactement comme on fait face à un problème du quotidien. C’est, au fond, un retour à l’essentiel.
En résumé : ce qu’il faut retenir
- L’épreuve anticipée de mathématiques est obligatoire pour tous les élèves de Première générale et technologique à partir de la session 2026.
- Elle dure 2 heures, se passe sans calculatrice et est notée sur 20, avec un coefficient 2.
- Elle comprend une partie QCM d’automatismes (6 pts) et des exercices avec rédaction (14 pts).
- Les automatismes portent sur le programme de Seconde et de Première : calcul, pourcentages, fonctions, probabilités, statistiques.
- Les Sujets 0 officiels, disponibles sur le site du ministère, sont la meilleure façon de découvrir le format et le niveau attendus.
- La liste officielle des automatismes évaluables est précisée dans la note de service du 10 juin 2025 (Bulletin officiel n°24).
Pour les élèves de Première qui passent cette épreuve en juin, le conseil le plus simple reste le plus efficace : travaillez vos réflexes, entraînez-vous sur les Sujets 0, et ne sous-estimez pas la puissance des « petites » questions du QCM. Ce sont souvent elles qui font la différence.
- Éduscol, Épreuve anticipée de mathématiques aux baccalauréats général et technologique
- Bulletin officiel n°24 du 10 juin 2025, Liste des automatismes évaluables
- Service-Public.fr, Modalités de l’épreuve anticipée de mathématiques
- Sujets 0 publiés par l’A.P.M.E.P. (Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public)






